L’insuffisance rénale chronique du chat
- clin-vet-tolosane
- il y a 10 heures
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L’insuffisance rénale chronique est une des maladies les plus fréquentes chez le chat d’âge moyen à senior (à partir de 7 ans). À noter, sa fréquence augmente avec l’âge des chats. Il a été estimé que cette maladie touche 20 à 50% des chats de plus de 15 ans. Cependant, il est possible d’observer cette maladie chez des chats plus jeunes, notamment à cause de la fréquence de plus en plus importante des calculs du haut appareil urinaire.
Quelles sont les principales causes de maladie rénale chez le chat ?
La maladie rénale chronique se développe en présence de lésions persistantes au niveau des reins. Ces lésions créent progressivement une diminution des capacités fonctionnelles des reins chez le chat : on parle alors d’insuffisance rénale chronique.
La recherche de la cause de la maladie est souvent frustrante. Dans la plupart des cas, aucune cause ne peut être identifiée. Mais parfois, il est possible d’identifier une maladie pouvant expliquer les lésions rénales. C’est notamment le cas lors de :
Polykystose rénale : maladie congénitale se manifestant par la présence de kystes liquidiens dans les reins et parfois dans le foie. Selon la taille et le nombre des kystes, le fonctionnement des reins peut être altéré. C’est une maladie généralement fréquente chez le chat Persan et d'autres races.
Infections rénales : il est possible parfois d’identifier une infection du haut appareil urinaire (pyélonéphrite). Le traitement reposera alors sur une antibiothérapie.
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Tumeurs rénales : la plus fréquente c’est le chat est le lymphome qui peut atteindre les deux reins.
Toxines : certains médicaments ou l’ingestion de certaines plantes ou produits d’entretien peuvent être à l’origine de lésions rénales irréversibles.
Glomérulonéphrite : il s’agit d’une inflammation chronique des glomérules rénaux. Les causes peuvent être variées et cela peut conduire à une insuffisance rénale chronique du chat.
Infections virales : une infection par le Coronavirus de la PIF ou par les rétrovirus FeLV ou FIV peut causer le développement d’une maladie rénale chronique.
Calculs rénaux ou urétéraux
Autres : malformations congénitales, hypokaliémie, hypercalcémie, traumatisme rénal… L'identification du problème sous-jacent est important car cela permet de préciser le pronostic. Et par conséquent, mettre en place un traitement spécifique quand celui-ci existe.
Les races de chat les plus concernées

N’importe quel chat peut être atteint d'insuffisance rénale chronique quelle que soit sa race.
Il existe cependant une prédisposition raciale des chats persans, mais aussi des chats de race British, Exotic Shorthair et Maine Coon, à développer une polykystose rénale. De plus, les chats à poils longs ont tendance à faire plus fréquemment des calculs urétéraux.
Les signes d’une insuffisance rénale chronique chez le chat
Dans le premier stade de la maladie, l’insuffisance rénale chronique du chat est une maladie silencieuse.
Plus la maladie progresse, plus le chat peut manifester les anomalies suivantes :
Augmentation de la prise de boisson et de l’émission d’urine (polyuro - polydipsie)
Perte de poids progressive
Appétit capricieux pouvant aller jusqu’à l’anorexie dans les cas graves ou lors d’épisodes de décompensation avec déshydratation
Vomissements chroniques plusieurs fois par semaine
Constipation
Fatigue, léthargie
En fin d'évolution, cette maladie est mortelle après une période prolongée de dégradation de la santé du chat.
Quand l’animal se déshydrate, il est possible d’observer des modifications de la qualité du pelage (poil terne, piqué). Ou encore, une modification du regard (globes oculaires enfoncés dans les orbites). Ceci s’accompagne en général de fatigue et de troubles alimentaires.
Autres signes d’alerte
En plus des signes directs de la maladie, les signes d’appels peuvent être liés à l’évolution de complications. Par exemple, lors d’infection urinaire, le chat peut devenir malpropre et uriner en dehors de son bac de litière. Il peut également se plaindre en faisant ses besoins. Enfin, il est possible d’observer du sang ou une mauvaise odeur de l’urine.
Si le chat développe une hypertension artérielle, les signes d’appels peuvent être des modifications de comportement, des vocalises nocturnes, une cécité d’apparition brutale.
Si le chat perd des quantités excessives de potassium dans son urine, il peut se retrouver en hypokaliémie. Dans ce cas, les signes d’appel sont une baisse de tonus musculaire, une démarche anormale et un port de la tête bas, le chat n’ayant plus assez de force musculaire dans son cou pour lever la tête.

Comment le vétérinaire peut diagnostiquer la maladie rénale ?
La maladie peut se diagnostiquer lors d’un bilan sanguin de routine ou en présence de signes cliniques orientant le diagnostic.
Malheureusement, le dépistage d’une insuffisance rénale chronique chez le chat est souvent tardif. En effet, les paramètres sanguins permettant d'évaluer le fonctionnement des reins n’augmentent que quand 50% (pour la SDMA) à 75% (pour la Créatinine) de la masse rénale fonctionnelle est perdue.
Au niveau de l’analyse d’urine, la présence d’une densité urinaire basse est un signe d’appel. De même lors de la présence d’une infection urinaire chez un chat de plus de 10 ans.
De plus, il est parfois possible d’observer lors de l’examen clinique ou lors d’examens d’imagerie (échographie ou radiographie) des anomalies architecturales au niveau des reins avant le diagnostic biologique par prise de sang.
Comment la traiter ?
L’insuffisance rénale chronique est une maladie progressive et irréversible chez le chat.
Afin d’adapter au mieux le traitement et de prolonger son espérance et qualité de vie, il est important de déterminer pour chaque chat les causes de son dysfonctionnement rénal. Ceci passe par une échographie rénale et vésicale et par une analyse d’urine.
Les animaux doivent être suivis régulièrement et le traitement mis en place sera adapté selon la classification internationale IRIS. Celle-ci se base sur les résultats des prises de sang et sur la présence des complications liées à la maladie. Par exemple : hypertension, perte de protéines dans l’urine…
Espérance de vie
Selon la cause, la maladie peut progresser plus ou moins rapidement. Le pronostic dépend donc du stade d’évolution de la maladie ainsi que de la vitesse d’évolution.
En général, la survie des chats de stade 2/4 est estimée à 1151 jours. Elle est en moyenne de 679 jours et 35 jours respectivement pour les stades 3/4 et 4/4.
Quoi qu’il en soit, la mise en place d’une alimentation adaptée, restreinte en protéines et en phosphore, est indispensable. Cela permet de prolonger l’espérance de vie et retarder les complications liées à cette maladie. Ces aliments sont le premier élément de la thérapeutique.
Il existe une grande variété d’aliments adaptés à tous les stades de la maladie. Vous pouvez prendre conseil auprès de votre vétérinaire afin de trouver l’aliment le plus adapté à votre chat.
Traitements
Même s’il n’existe pas de traitement spécifique, à part l’alimentation, nous pouvons mettre en place différents traitements en fonction des complications de la maladie pour améliorer l’espérance et la qualité de vie du chat.
Selon l’état de santé de votre animal, nous pourrons ainsi vous proposer :
une hospitalisation avec perfusion intraveineuse pour corriger la déshydratation
un traitement contre l’hypertension artérielle
une antibiothérapie en cas d’infection urinaire
un chélateur du phosphore en cas d'hypophosphatémie
une supplémentation en potassium
un traitement médical en cas de perte de protéines dans l’urine
Il n’existe pas de traitement standard ni systématique. Toutefois, nous personnalisons le protocole thérapeutique pour chaque chat.
Afin de mieux suivre votre chat atteint d’insuffisance rénale chronique, nous avons mis en place un protocole de fréquence suivi et d’examens complémentaires basé sur les recommandations internationales.



