L’hibernation de la tortue terrestre (Hermann et grecque)
- clin-vet-tolosane
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Dernière mise à jour : il y a 7 heures

Pourquoi ma tortue hiberne-t-elle ?
L’hibernation est un phénomène totalement naturel chez la tortue terrestre, elle est même indispensable pour lui assurer une bonne longévité. La tortue est en effet une espèce de poïkilotherme, c’est-à-dire que sa température corporelle varie en fonction de celle de son milieu de vie. Les périodes trop froides sont donc incompatibles avec un bon fonctionnement de son organisme.
L’hibernation est une méthode naturelle de protection contre le froid, au cours de laquelle le métabolisme ralentit et toutes les activités de l’organisme se mettent au repos. C’est donc également une période à risque où la tortue est vulnérable vis-à-vis des dangers extérieurs (prédateurs, intempéries…). Cependant, ne pas faire hiberner sa tortue peut entraîner des problèmes sur le long terme au niveau de la croissance, de la reproduction et de la longévité.
L’hibernation doit donc être bien préparée et menée pour éviter des conséquences néfastes sur l’état de santé de la tortue.
AVANT l’hibernation de la tortue
La première information à retenir est qu’il ne faut jamais faire hiberner une tortue malade ou trop maigre. Une consultation chez un vétérinaire NAC est alors conseillée chaque année, avant la période d’hibernation. Cela permet de s’assurer que la tortue est en bonne santé, que son poids est suffisant et qu’elle n’est pas parasitée par des vers. De plus, ce sera l’occasion d’effectuer une coproscopie (analyse de selles) afin de vérifier le niveau de parasitisme et adapter le protocole de vermifugation.
Par ailleurs, à l’approche de l’hibernation, il faut progressivement diminuer la quantité de nourriture distribuée à votre tortue, sur un intervalle de 2 à 3 semaines. En parallèle, il est recommandé d’effectuer des bains réguliers (2 à 3 fois par semaine) pour favoriser la vidange du tube digestif et fournir une bonne hydratation avant cette période de ralentissement du métabolisme.
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Toutes ces mesures permettent d’éviter que du contenu digestif stagne et sèche dans les intestins et entraîne secondairement de la constipation voire un réveil long et difficile. Pour les bains, il n’est pas nécessaire voire dangereux d’immerger complètement la tortue mais il faut qu’a minima la queue trempe dans l’eau. La température de l’eau doit être vérifiée et doit se situer entre 25 et 30°C.
Pour les tortues vivant en terrarium avec une lumière artificielle, il est également indispensable de diminuer progressivement la durée d’éclairement des lampes, mais aussi de diminuer la température dans le terrarium, de façon à recréer des conditions « naturelles ».
Enfin, il est important de peser la tortue avant l’entrée en hibernation. Cela permet de pouvoir comparer son poids au fur et à mesure et s’alerter en cas d’amaigrissement trop important.

PENDANT l’hibernation de la tortue
Quand les températures extérieures se stabilisent autour de 10-15°C, la tortue peut être placée dans un hibernaculum. Autrement dit ce qui correspond au lieu d’hibernation de la tortue.
Dans tous les cas, il est déconseillé de faire une hibernation complètement autonome. C’est-à-dire, de laisser la tortue s’enterrer où elle veut, car elle serait exposée à un certain nombre de dangers. À savoir :
Les rongeurs : ils s’attaquent aux tortues qui, en pleine hibernation, ne peuvent pas se défendre et entraînent des plaies très profondes souvent létales.
Les variations importantes de température qui peuvent provoquer des réveils prématurés en plein milieu de l’hiver et ainsi affaiblir la tortue.
Les intempéries : la pluie notamment qui peut être à l’origine de noyade si le sol est très détrempé.
Les risques au réveil : si vous tondez le gazon alors que la tortue s’est réveillée et que vous ne vous en êtes pas rendu compte, un accident au niveau de sa carapace peut survenir.
Hibernation en extérieur
Dans les régions du sud de la France, l’hibernation peut tout de même être menée dans le jardin. Mais un hibernaculum doit être construit pour s’affranchir des dangers précédemment cités.
Idéalement, il faut le construire dans une zone protégée du soleil et du vent et le surélever par rapport au sol pour éviter une infiltration par de l’eau lors d’averses. Les matériaux utilisés peuvent être du bois avec l’utilisation de planches épaisses et imperméabilisées, des briques, des parpaings, des pierres, ou encore du béton.
De plus, la base de l’abri doit protéger l’entrée des rongeurs dans l’hibernaculum (béton, grillage solide…). Un toit incliné recouvert de tuiles ou de tôle ondulée est donc idéal pour éviter l’accumulation d’eau. Une aération doit également être créée : il est possible de percer des trous sur les côtés de l’abri et de les protéger avec du grillage. Enfin, prévoir une ouverture sous forme de trappe ou de toit amovible permet de vérifier l’état de santé des tortues au cours de l’hibernation.
Concernant le contenu de l’hibernaculum, plusieurs couches peuvent être superposées :
1ère couche : terre assez compacte qui fait office d’isolant.
2ème couche : terre plus meuble (tourbe, terreau) non tassée dans laquelle les tortues peuvent s’enfouir. Elle doit être assez épaisse (15-20 cm d’épaisseur).
3ème couche : foin ou feuilles sèches.
Hibernation en intérieur
L’hibernation en intérieur est indispensable dans les régions du nord de la France. En effet, les températures hivernales sont trop basses (périodes de gel possibles) et le climat plus humide. D’ailleurs, c’est aussi essentiel pour les tortues qui vivent en terrarium toute l’année. Mais ce mode d’hibernation peut aussi être utilisé pour les tortues qui vivent dans le sud de la France.
L’hibernaculum doit être placé dans une pièce calme, obscure avec une température assez constante comprise entre 5 et 12°C (jusqu’à 15°C pour les tortues grecques), à l’abri du gel, de l’humidité, des courants d’air et des rongeurs. Il peut s’agir par exemple d’un garage, d’une cave, d’un abri jardin ou d’un sous-sol.
Sinon, il peut s’agir d’une caisse en bois ou d’une boîte en polystyrène. La surface doit être de 4 à 5 fois la taille de la tortue, soit environ 50 cm de côté, pour une hauteur moyenne de 70 cm. Des trous percés sur les côtés ou sur le couvercle permettent l’aération. Le substrat est identique à celui utilisé pour l’hibernation naturelle (terre compacte, terre meuble et foin/feuilles, cf paragraphe précédent). Enfin, la mise en place d’un thermomètre permet de contrôler la température au cours du temps.
Surveillance pendant l’hibernation
Il est important de bien surveiller la tortue pendant toute la durée de l’hibernation. Pour cela, une pesée est recommandée toutes les deux semaines environ. La tortue ne doit pas perdre plus de 10% de son poids initial.
À noter, la sortir pour la peser à côté de l’hibernaculum ne la réveillera pas. Il faut juste s’assurer que ce geste soit rapide pour la perturber le moins possible.
APRES l’hibernation de la tortue
Quand les températures extérieures remontent (supérieures à 15°C environ) et que vient la phase de réveil, il est recommandé de dégager l’ouverture de la zone où hiberne la tortue pour l’aider à sortir quand elle se réveillera. Si elle hiberne en intérieur, elle peut être sortie dehors. En fonction de la météo, il est possible de la laisser dehors en journée et de la rentrer la nuit jusqu’à ce que les températures soient plus clémentes.
Après le réveil, la tortue doit être surveillée étroitement car l’hibernation représente une période délicate pour le système immunitaire et le métabolisme. Par conséquent, une hibernation mal menée peut entraîner divers problèmes de santé.
Points importants à vérifier :
Il est important de vérifier le poids de la tortue et de le comparer avec le poids de pré-hibernation. Si elle a perdu 10% de son poids ou plus, la situation est anormale et une consultation chez un vétérinaire est recommandée.
À noter, pendant les premiers jours suivant le réveil, la tortue ne mange pas ou très peu. La prise alimentaire et la prise de boisson reviennent progressivement. Comme avant l’hibernation, il est conseillé de réaliser des bains de siège quotidiennement dans une eau à 25-30°C pour réhydrater et réchauffer la tortue, et ainsi participer à un meilleur réveil.
Pour les tortues vivant en terrarium, il est conseillé d’augmenter très progressivement la température et la durée d’éclairage, sur quelques semaines jusqu’à obtenir les températures optimales de l’espèce.
Si vous remarquez que votre tortue est faible, ne reprend pas une alimentation spontanée au bout de plusieurs semaines, ou encore qu’elle a perdu du poids, une consultation chez un vétérinaire est là encore fortement recommandée.

FAQ
Combien de temps dure l’hibernation chez la tortue ?
L'hibernation d'une tortue terrestre dure généralement de 3 à 5 mois, selon l'espèce, la région climatique et l'âge de l'animal. Chez la tortue d'Hermann, par exemple, elle s'étend en général de novembre à mars. Les jeunes tortues (moins de 2-3 ans) hibernent souvent moins longtemps, voire pas du tout la première année, car elles sont plus fragiles et n'ont pas toujours assez de réserves.
Peut-on bouger une tortue qui hiberne ?
Il est fortement déconseillé de déplacer ou de manipuler une tortue en hibernation, sauf nécessité absolue (température extérieure trop basse, risque de gel, humidité excessive). Un réveil brutal perturbe son métabolisme ralenti et peut être dangereux pour sa santé. Si un déplacement est indispensable, il faut agir avec douceur, sans la sortir complètement de son sommeil, et vérifier régulièrement (une fois par semaine environ) que tout se passe bien : poids, respiration, absence de blessures.
Quelle est la date d’hibernation pour une tortue Hermann ?
La tortue d'Hermann entre généralement en hibernation entre mi-octobre et mi-novembre, lorsque les températures baissent durablement sous les 10°C. Elle se réveille ensuite entre fin février et mi-mars, selon la météo et la région. Toutefois, il n'existe pas de date fixe : c'est la baisse progressive des températures et de la luminosité qui déclenche naturellement le processus, pas le calendrier.



